Une nouvelle génération de cuisine émiratie prend forme à Dubaï
Athar, au Chef’s Society de City Centre Mirdif, et Abra, bientôt à l’Etihad Museum, ajoutent des voix nouvelles à une cuisine longtemps servie dans des cadres patrimoniaux.

Pendant des années, la cuisine émiratie à Dubaï a surtout été servie dans des cadres patrimoniaux : une maison restaurée à Al Fahidi, un restaurant qui recrée la ville des années 1960. Deux projets plus récents empruntent une autre voie. L’un vient d’ouvrir dans un centre commercial. L’autre est prévu dans un musée.
Athar, à Mirdif
Athar est un restaurant émirati ouvert toute la journée, doublé d’un salon de cafés de spécialité, installé dans le Chef’s Society de City Centre Mirdif, l’espace de restauration qui abrite aussi Bait Maryam, Bonci et REIF Japanese Kushiyaki. Gulf News le décrivait comme récemment ouvert le 8 août ; tbreak, qui écrivait le 17 août, indiquait qu’il était encore en phase de lancement discret, sans date d’inauguration annoncée.
Le nom signifie « empreinte ». Selon tbreak, le concept s’inspire de l’héritage du cheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan et des lieux de rassemblement des foyers émiratis : le majlis, la table familiale et la dekka, le banc traditionnel. La carte associe des plats du patrimoine, comme le majboos d’agneau et le madrooba de poulet, à des burgers et des sandwichs, et s’achève sur un pudding aux dattes et un um Ali. Le café émirati côtoie le café filtre, l’espresso et les boissons glacées.
Aux fourneaux, Nabhan Al Ali, chef exécutif d’ATHAR by Qlab. Son chemin jusqu’aux cuisines n’a rien eu de rectiligne. Gulf News le présente comme un ancien boxeur de 45 ans dont l’intérêt pour la cuisine est né dans les cuisines de sa mère et de sa grand-mère. Un premier restaurant a échoué en 2009 ; il s’est ensuite formé au SCAFA Culinary Institute de Dubaï, a bâti une chaîne de restaurants axés sur la santé dans quatre émirats et a passé des années à documenter les recettes émiraties. Son format d’assiettes à partager est censé évoquer le style communautaire des repas traditionnels, et le garde-manger est délibérément traditionnel : ghee émirati, loomi (citron ou citron vert séché) et mélange d’épices bezar. Les recettes doivent rester inchangées même si la présentation est moderne, soutient-il. Si l’on cesse de cuisiner ces plats, a-t-il dit au journal, « l’histoire disparaît avec eux ».

Abra, bientôt à l’Etihad Museum
Abra est le projet le plus lointain. Fact Magazines indiquait le 15 juillet qu’un restaurant émirati contemporain de ce nom était prévu à l’Etihad Museum, sur Jumeirah Street, sans date d’ouverture ni carte dévoilées. Il sera dirigé par la cheffe émiratie Sahar Parham Al Awadhi, qui dirige aussi la création des desserts et de la pâtisserie chez Gerbou. Le nom vient des abras, ces bateaux traditionnels qui sillonnent les voies d’eau de Dubaï et qui évoquent le mouvement, le lien et la narration ; l’identité visuelle fait aussi un clin d’œil à « abracadabra ».

La référence patrimoniale
La cuisine reste traditionnelle ; ce qui change, c’est la salle, le rythme et le format.
Les deux nouveaux venus arrivent dans une ville qui compte déjà des restaurants émiratis reconnus. Les listes du Guide Michelin Dubaï pour la cuisine émiratie citent trois adresses : Al Khayma Heritage Restaurant, titulaire d’un Bib Gourmand, ainsi qu’Al-Fanar et Gerbou. Les inspecteurs de Michelin recommandent le machboos d’agneau d’Al Khayma à partager et ses luqaimat pour finir, et le dossier du guide consacré aux luqaimat crédite Al-Fanar de maintenir une recette traditionnelle. Pour regarder de plus près la première de ces adresses, lisez notre visite d’Al Khayma, à Al Fahidi.
Ce que changent ces nouveaux projets, c’est le cadre plutôt que le répertoire. Athar s’installe dans un centre commercial, sert toute la journée et fait du café une part du récit ; Abra est prévu dans un musée, sous la houlette d’une cheffe qui dirige aussi les desserts chez Gerbou. Aucun des deux ne figure dans la liste émiratie du guide, et Abra n’a pas encore ouvert. S’ils tiennent leur cahier des charges, ils ajouteraient une couche plus décontractée et plus contemporaine à une cuisine que Dubaï n’a guère rencontrée jusqu’ici qu’à la table des restaurants patrimoniaux. Qui veut préparer chez soi le plat qui trône au centre de cette table peut commencer par notre recette de machboos émirati.
Ce qu’il faut surveiller
Deux questions détermineront le poids de ces projets. La première : Athar, qui n’a pas encore annoncé d’inauguration officielle, s’installera-t-il durablement dans le paysage gastronomique de Mirdif en gardant intact son garde-manger traditionnel à mesure qu’il grandit ? La seconde : Abra, qui n’a ni date d’ouverture ni carte publiée, arrivera-t-il avec un point de vue distinct de celui des restaurants patrimoniaux qui l’entourent ? Tous deux seront jugés à l’aune d’adresses qui ont passé des années à peaufiner leurs recettes, et à celle de la liste émiratie du Guide Michelin, qui n’en cite pour l’instant que trois.
Sources et vérification des faits7
- Athar: an Emirati restaurant and coffee spot in Mirdiftbreak, 17 août 2026
- How Chef Nabhan Al Ali is preserving Emirati flavours and memories in DubaiGulf News, 8 août 2026
- Abra: a new Emirati restaurant at Etihad MuseumFact Magazines, 15 juillet 2026
- Dubai: Emirati cuisine restaurantsMICHELIN Guide
- Al Khayma Heritage Restaurant, DubaiMICHELIN Guide
- Luqaimat: the iconic Emirati dessertMICHELIN Guide, 20 février 2024
- Michelin Guide Dubai 2026: Closed restaurants retain stars as new winners emergeThe National, 7 octobre 2026
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